Réseau AMAZIGH

La Plate-forme d’Azetta

vendredi 30 septembre 2005 par reseauamazigh

projet Plate-forme du Referenciel Intellectuel du Réseau Amazigh Pour La Citoyenneté -AZETTA-

qui a éte Présenter à son premier congrès, les 15-16-17 juillet 2005

Introduction :

Pendant des siècles l’Afrique du Nord (AFN) a été un creuset, dans lequel ont fusionné de multiples cultures. Vieille de plus de trente trois siècles, l’Amazighité est l’identité la plus ancienne. Elle est l’unique identité qui a avoir conservé sa force et sa vitalité jusqu’à nos jours.

Dès l’émergence de la lutte de la résistance nationale, des nationalistes marocains, adhérents aux thèses anti-colonialistes, ont été porteurs de la question Amazigh dans toutes ses dimensions : identitaire, culturelle et linguistique. Parallèlement à cela, les dirigeants du mouvement national imprégnés de l’idéologie Arabiste, ont imposé un discours identitaire assimilationniste, réducteur opposé à toute diversité culturelle, et prêchant l’illusion de l’avènement de la constitution de ce qu’on appelle le Maghreb Arabe Islamique dont la trame linguistique se réduit à la langue arabe, liturgique et sacrée.

Les impératifs de la prise en charge de l’identité Amazigh semblaient constituer une atteinte grave portée à la nation. C’est à cet effet que certains leaders du mouvement national, affiliés au parti de l’Istiqlal, ont brandi la menace de l’existence d’un complot de tendance Amazigh.Des militants nationalistes ont été mis en quarantaine et frappés d’opprobre jusqu’à leur liquidation physique. Malheureusement, immédiatement après les négociations d’Aix-les Bains, c’est le modèle de l’Etat-Nation difforme, couplé à l’Etat jacobin français qui a été adopté. En proclamant deux langues de communication quotidienne, le pays va se singulariser par la mise hors-la loi des autres langues. Il s agit, en fait de l’Arabe et du Français qui n’ont alors aucune existence dans les textes officiels. Cependant, le déni dont faisait l’objet la langue Amazigh participait de l’objectif proclamé, et visant à en faire une non langue.

Aussi, il semble que le modèle de l’Etat archaïque qui a été adopte, fondé systématiquement sur la culture du conflit et des complots (dahir de 1930- Unité Nationale- Unification, etc.), soit incapable de satisfaire aux exigences de la citoyenneté. Ainsi, les dirigeants se sont empêtrés dans des pratiques fanatiques, sectaires et oppressives/répressives en tant que mode de gestion ; pratiques accompagnées d’un mépris déclaré de la langue et de la culture Amazighs. Parallèlement a cela, et pour contenir la recrudescence de la colère et des luttes amazighs, ainsi que pour éviter l’institutionnalisation complète de la langue Amazigh, ils brandissent l’instauration de mécanismes marginaux, vulnérables et réducteurs de la langue Amazigh (Institut Royal de la Langue Amazigh, stipulation dans le nouveau Code de Procédure Pénale de la possibilité du recours du juge à un interprète de la langue Amazigh vers la langue Arabe)

Fondements intellectuels :

  1. Le mouvement amazigh constitue, à notre avis, un mouvement de résistance ; supposé porteur d’un projet sociétal qui transcende les nationalismes et les régionalismes clos. Il vise la réconciliation de la patrie et des citoyens avec leur histoire dans sa dimension nord- africaine, méditerranéenne ; ainsi que dans la dimension dont nous nous réclamons tous, à savoir celle des principes humains et des droits universels. C’est donc, une force politique d’essence pacifiste et transpartisane.
  1. En dépit des multiples invasions que l’espace Amazigh a subi, le caractère Amazigh demeure le socle de l’identité Nord-Africaine.
  1. Dans notre pays (le Maroc), l’expression politique des revendications Amazighs s’est cristallisée après l’instauration du protectorat espagnol et français au Maroc. Mais, la résistance, porteuse des slogans et des revendications Amazighs, a fait l’objet d’une répression ayant entraînée l’exil ou même la liquidation physique des cadres nationalistes militants. A la veille des négociations d’Aix-les Bains, la langue Amazigh a été sacrifiée, par l’exploitation vulgaire du slogan du recouvrement de l’indépendance nationale, alors qu’elle consacrait la diversité politique et culturelle du Maroc indépendant. Ainsi, la langue Amazigh a été évincée au profit de l’idéologie arabiste islamique. Les gouvernements successifs ont édifié leurs programmes et leurs politiques sur l’exclusion et la négation (physique et/ou symbolique) d’une mémoire qui, inéluctablement, doit se réveiller et remettre en cause une légitimité usurpatrice. Cet éveil et cette remise en cause, se sont cristallisés à travers la lutte pour les libertés démocratiques, les droits humains, l’émancipation de la société, la contribution à l’émergence du pluralisme politique ainsi que l’éveil de la conscience par la réfutation de l’illusion des fondements inébranlables diffusée par le pouvoir.
  1. Le mouvement amazigh demeure un mouvement d’opposition, et de contestation. Il est riche d’une expérience de plus de quatre décades, au cours de laquelle il a mené à bien de multiples actions pacifiques. Cependant, malgré la sagesse et la clairvoyance de ses cadres et membres, l’Etat n’a pas cessé de recourir à la répression qui n’a nullement entamé la volonté et les convictions de ses militants.
  1. La littérature multiple développée par les organisations et les militants amazighs est d’une grande richesse, en plus des mémorandums, pétitions et mouvements de protestation à l’échelle nationale et régionale. L’ensemble de ces facteurs a contribué à l’élaboration de textes définissant certains objectifs ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour les réaliser. Cependant, une lacune importante persiste encore, et notre premier congrès du Réseau Amazigh Pour la Citoyenneté (juillet-2005) se doit de la combler. Il s’agit de la question de notre idéologie et de notre plate forme intellectuelle qui, doit assumer le rôle de censeur susceptible d’empêcher toute dérive ou tentative d’infiltration visant à manipuler les nobles objectifs du mouvement Amazigh en général.

Objectifs :

Pour avancer un minimum d’éclaircissements concernant notre vision de l’organisation de l’Etat, nous devons garder présent à l’esprit que l’Etat- à la lumière des expériences ayant eu lieu dans diverses régions du monde- est géré de deux manières possibles :

1-L’Etat Fédéral :

Cette forme d’Etat est la résultante de la fusion de plusieurs petites nations ou la gestion démocratique d’une grande nation. Mais, du moment que le Maroc n’est pas, d’après la version officielle, le fruit de ce type de processus historique, il n’est pas permis d’aspirer à la réalisation de ce type d’organisation à l’heure actuelle.

2-L’Etat Unitaire : il revêt trois formes

a- L’Etat Unitaire Centralisé  : C’est le cas du Maroc ; mais l’expérience n’étant pas concluante, il faut nécessairement l’abandonner.

b- L’Etat Unitaire Décentralisé  : dans ce cas des attributions sont dévolues à la périphérie, l’Etat central y conserve la possibilité d’exclure tout élément récalcitrant et d’abroger ses décisions. En fait, il s agit, ici, d’un simple leurre.

c- L’Etat Unitaire Régionalisé : la nation est divisée en régions naturelles jouissant d’une large autonomie. Ces régions peuvent disposer d’un exécutif et d’un parlement propres. L’Etat central n’est, en fait, que le garant de la politique extérieure, de la défense nationale et de la politique monétaire. Ici, il s agit effectivement d’autogestion régionale.

Quel Etat nous voulons pour le Maroc ?

Etant donnée la crise multidimensionnelle, engendrée par un demi siècle de domination d’un pouvoir totalitaire inhérent à la nature du fonctionnement de l’Etat, aujourd’hui le Maroc est tenu de procéder à une reconstitution globale. En effet, les marocains découvrent, au quotidien, l’ampleur du gouffre séparant les gouvernants des gouvernés. A titre d’exemple, les luttes des mouvements civils protestataires et leurs manifestations et revendications multiples, constituent le prolongement naturel des luttes entamées, sans cesse, par les mouvements sociaux . Elles montrent, également, que la bataille pour l’identité est loin d’être gagnée dans toute la patrie. Il semble que des problèmes tels que : le texte de la constitution, l’école, la justice, l’information, l’administration, le développement économique, et de manière générale la problématique de la citoyenneté, qui sont à l’origine des mouvements sociaux, concernent l’ensemble de la nation.

Le traitement de ces problèmes doit être immédiat, adéquat et spécifique ; ce traitement n’aura d’impact que dans le cadre d’un Etat unitaire régionalisé, fondé essentiellement sur les données économiques, historiques et culturelles, et cela dans le cas où la question de la langue Amazigh et de la régionalisation est tranchée dans l’optique mentionnée, en tant que premier pas, dans le texte de la constitution.

Aussi, nous estimons qu’il n’est guère possible pour l’Etat centralisé, d’atténuer l’impact des effets négatifs de la mondialisation, qui tend à unifier et à généraliser le modèle culturel occidental, sans l’adoption du système de l’Etat unitaire régionalisé. Etat garant de toute libération, fort de sa légitimité et seul capable de nos prémunir contre l’invasion culturelle néfaste et la banalisation. Au moment où la mondialisation a imposé la constitution d’ensembles transnationaux, tels que l’Europe ; et ce à partir d’ensembles infranationaux jouissant d’une large autonomie en tant que régions naturelles ; le Maroc, et pourquoi pas l’Afrique du Nord, situé à quelques encablures de la rive sud de l’Europe, et notamment de l’Espagne, ne saurait rester en dehors de cette dynamique.

Quant à la dénommée Union du Maghreb (Arabe), elle est artificielle. Elle est née et elle mourra conformément aux aléas de l’humeur de ses dirigeants installés dans leurs tours d’ivoire loin des aspirations de leurs concitoyens qu’ils ignorent. Le modèle de l’Etat- Nation constitue, précisément, le principal obstacle qui entrave l’édification de la région nord du continent africain. Et ce alors que le modèle de l’Etat-Nation régionalisé est seul à même de réaliser un développement harmonieux, multiforme et tenant compte des réalités régionales.

Pourquoi le Réseau Amazigh pour la Citoyenneté ?

Le terme Amazigh est aujourd’hui très courant dans l’ensemble de l’Afrique du Nord, de même qu’il a cours dans les organismes internationaux. Il faut, également, reconnaître que ce terme a été choisi par les groupes amazighophones pour dénommer leurs organisations. C’est là l’origine de l’ancrage culturel et politique du nom du réseau AZETTA et des raisons de son rapport organique avec la langue Amazigh. Cependant, l’objectif demeure la lutte aux côtés de l’ensemble des forces de libération pour une citoyenneté garantissant tous les droits et les libertés. De ce fait primo, c’est une organisation de gauche dans le sens politique et non pas partisan ; secundo elle est non partisane et indépendante de toutes les organisations politiques. Le choix de la dénomination de Réseau Amazigh pour la Citoyenneté au lieu de celui d’association ou d’organisation amazigh se justifie, par le contexte historique du mouvement associatif amazigh, d’une part, et par les développements et les faits nouveaux enregistrés au niveau du dossier amazigh, dans son volet organisationnel associatif en général (actualité des coalitions, des alliances et du reseautage) ou son volet politique, d autre part.

L’objectif étant d’éviter tout amalgame entre les différentes composantes du mouvement amazigh au Maroc, avec ses organisations gouvernementales et non gouvernementales, ainsi que toute assimilation ou instrumentalisation dans un contexte politique spécifique.

Les valeurs dont nous sommes porteurs et pour lesquelles nous luttons :

Le Réseau Amazigh s’engage, en tant que force politique tanspartisane, à rejeter toute idée légitimant ou justifiant le recours à la violence. Le Réseau, imprégné des valeurs humaines, ne sera jamais le lieu de rencontre des aventuristes avide de mercenariat collectif. Il a toujours appelé à des actions pacifiques pour faire face à un pouvoir autoritaire et oppresseur, et aspire, en tant qu organisation moderniste et progressiste, à devenir universaliste et tolérant. Aussi, il condamne toute pensée fasciste ou xénophobe hostile aux étrangers quelque soit leur langue, couleur ou appartenance et dénonce, également, toute idée hostile au droit à l’égalité et à liberté de croyance ou de religion. Notre lutte s’inscrit dans le cadre de la lutte universelle contre l’obscurantisme, le fanatisme et le népotisme.

Le Réseau AZETTA et la question identitaire

Conscient du fait que l’identité ne saurait être que plurielle et évolutive, l’Azetta se revendique de tous les affluents historiques ayant contribué à forger l’originalité du peuple marocaine. Et même si le socle de l’identité amazigh n’est autre qu amazigh, l’Azetta considère que l’acculturation multiple de son peuple a été positive. La Réseau considère qu il n’est nullement permis d’amputer la personnalité amazigh de quelque richesse que ce soit apportée par les peuples que les amazighs ont côtoyé. Néanmoins, notre nation étant multiconfessionnelle, la religion doit être exclue de la définition de l’identité nationale.

Le Réseau AZETTA et la question linguistique

Le Réseau Azetta considère qu il n’existe pas de grandes et de petites langues, et estime qu’elles sont toutes partie intégrante du patrimoine universel. A cet effet, le Réseau s’interdit toute hiérarchisation linguistique ; il respecte tous les idiomes et milite pour leur prise en charge par l’Etat. A ce titre, il considère que les langues nationales en place, en l’occurrence le parler marocain et l’hébreux, doivent bénéficier de tous les moyens pour leur développement et épanouissement. De même, la langue amazigh doit bénéficier d’un coefficient de réparation historique pour rattraper le retard qu’elle accuse en raison du fait de sa non prise en charge. La reconnaissance du statut de la langue amazigh, en tant que langue officielle, participe en fait de la volonté politique de lui rendre justice. Quant aux langues espagnole, anglaise et française, véritables langues de travail, elles doivent être également encouragées. Ces outils linguistiques doivent être largement diffusés afin que tout marocain puisse en acquérir la maîtrise. Le Réseau Azetta, ouvert sur le monde, encourage l’apprentissage de toute langue en tant que bien culturel et scientifique appartenant à toute l’humanité.

Le Réseau AZETTA et la question du support graphique

Le choix du graphème (l’alphabet de transcription) n’est pas neutre. En fait, tous les alphabets peuvent transcrire toutes les langues. Les arguments pseudo scientifiques invoqués pour défendre un type d’alphabet plutôt qu’un autre, sont fallacieux. Le choix d’une écriture est un choix éminemment scientifique avant d’être idéologique. C’est pourquoi le Réseau Azetta, faisant fi des luttes d’arrière-garde, a décidé d’inscrire son action dans le cadre du monde développé. Le choix provisoire du latin constitue pour nous une prise de position scientifique. Cependant, pour des raisons symboliques et en vue de sauvegarder notre patrimoine linguistique et civilisationnel, le Réseau préconise l’utilisation du Tifinagh (alphabet berbère) dans certains lieux et places publics à fort impact symbolique.

Le Réseau AZETTA et l’enseignement

Dans l’attente de l’élaboration d’une langue mono normée, qui peut prendre plusieurs année, nous avons fait le choix stratégique de nous atteler -provisoirement et pratiquement à la normalisation et l’homogénéisation de la langue amazigh lors de la consécration de son statut officiel et politique dans la constitution. Cela nous permettra de passer au chantier de l’intégration complète de la langue amazigh, avec toutes ses composantes, dans tous les secteurs de la vie publique et privée ; cela si toutefois l’Etat et ses marges font montre d’une réelle volonté politique. Autrement dit, la priorité doit être accordée à ce qui existe et à ce qui est commun. Il faudra aussi, veiller à créer des instituts et un centre d’aménagement linguistique autonomes sur les plans administratif et financier, afin de partager la même néologie qui représentera, en fait, l’essentiel de la langue et de la culture amazighs.

Au niveau du statut, le Réseau Azetta considère que tout enseignement facultatif déprécie et la valeur et la symbolique de l’identité. En effet, nous n’optons pas pour un tel choix pour garantir la pérennité de la langue (n’oublions pas que 25 langues meurent chaque année, à travers le monde). Au Contraire un enseignement obligatoire a pour corollaire l’élargissement de la demande sociale et incite l’Etat à créer des postes de travail dans la langue concernée. La langue amazigh de langue du coeur deviendra alors langue du pain.

Le Réseau AZETTA et l’histoire

L’enseignement de 1’histoire, exempte de tout calcul politicien, permet de placer des repères importants dans la vie de la nation. En effet, les mythes sont toujours fondateurs. C’est pourquoi le Réseau accorde-t-il, tout en se réclamant de tout le passé (y compris dans ses aspects négatifs), la primauté aux faits et événements amazighs. A titre d’exemple en traitant de Koceilla et de Oqba Ibn Nafii, ce dernier doit être présenté comme un envahisseur. De nombreux exemples de ce genre peuvent être tirés dans la longue histoire du pays de Tamazgha.

Le Réseau AZETTA et la société

Toute société possède un mode de fonctionnement propre. Aussi, le Réseau préconise-t-il la réhabilitation de ce qui a toujours fonctionné tout en le modernisant. La représentation démocratique dans tous les secteurs sociaux doit être hautement appréciée aujourd’hui. En outre, le retour au Orf (code villageois), notamment son volet positif, n’est pas incompatible avec nos principes et valeurs visant la consolidation des fondements civilisationnels de notre identité et ses composantes spécifiques en tant que partie intégrante du patrimoine de l’humanité.

Le Réseau AZETTA et la citoyenneté

La globalisation, la libération débridée de l’économie, la course au profit rapide ont, subrepticement, porte atteinte aux droits des citoyens. L’homme n’est plus qu’une machine à produire, alors que la citoyenneté ne se limite pas uniquement aux droits et devoirs de l’individu, elle réside, également, dans la prise en charge des droits inhérents à la communauté (droits à l’identité, la culture, la langue). Cela permet aux différentes communautés de vivre de manière naturelle, leur diversité, leur différence, leur spécificité et leurs particularismes.

Le Réseau AZETTA et la religion

Respectant toutes les religion, considérées comme faisant partie de la vie privée de chaque individu, le Réseau a été l’un des pionniers à soumettre au débat public, à l’échelle nationale, la question de la laïcité de l’Etat et à en faire l’une de ses revendications. Le Réseau se définit comme un mouvement laïc et s’interdit toute immixtion dans les questions relevant des rituels religieux. Tolérant de par sa nature même, le Réseau accepte l’adhésion dans ses rangs de tout défenseur de l’amazighité quelqu’en soit le sexe, la langue, la nationalité ou la religion. Par contre, il refuse l’adhésion de toute personne prônant l’extrémsime, de quelque tendance que ce soit.

Le Réseau AZETTA et l’Etat

Convaincu que toutes les nations ne peuvent être que plurielles (pluralité culturelle, linguistique, religieuse), le Réseau milite pour l’instauration d’un Etat en mesure de respecter cette pluralité. Il s’oppose à tout Etat qui impose l’uniformisation des citoyens ; et de ce fait il ne saurait soutenir un Etat dont le fondement serait le centralisme jacobin. Au contraire, le réseau préconise l’autogestion régionale qui constitue une forme d’Etat de proximité. En effet, seul ce fonctionnement administratif de la nation est compatible avec la revendication historique et essentielle du Réseau Azetta à savoir l’adoption de la langue amazigh, en tant que langue officielle du pays.

Le Réseau AZETTA et le pouvoir

Le Réseau Azetta est un mouvement non partisan, et il n’a nulle prétention de se substituer aux partis politiques dont il accepte l’adhésion des militants qui partagent les valeurs qu’il véhicule. En outre, le Réseau n’a pas vocation de briguer tout ou partie du pouvoir politique. Cependant, le Réseau n’en demeure pas moins un acteur important dans la vie de la nation. Il prend position à propos de toutes les décisions politique du pouvoir et des partis, milite contre les idées incompatibles avec les valeurs dont il se réclame.

Le Réseau AZETTA et les questions nationales

Acteur civil et politique, le Réseau est en droit de s’exprimer sur toutes les questions qui touchent à la vie culturelle, sociale et politique de la nation. Il s’autorise à prendre part à tout débat sur les grands dossiers concernant le pays.

Le Réseau AZETTA et la dimension géographique nord africaine

Le Maroc faisant partie de l’espace géographique nord africain, se doit de faire corps avec les autres pays de l’Afrique du Nord pour constituer un ensemble supranational naturel, lui-même intégré au monde méditerranéen. Le Réseau Azetta considère que la solidarité des mouvements amazighs de toute l’Afrique du Nord est un impératif catégorique. Elle n est réalisable que par la conjugaison des efforts et des initiatives militants. Aussi, le réseau se doit-il d’œuvrer pour le rapprochement des communautés amazighs de l’Afrique et appelle à un échange permanent des expériences militantes.

Le Réseau AZETTA et les questionsInternationales

Le Réseau Azetta, a subit les affres de l’oppression, l’exclusion et l’arbitraire, aussi bien à propos de son existence juridique que dans ses luttes quotidiennes. De ce fait, il est sensible à toutes les douleurs qui s’expriment a travers le monde et exprime sa disponibilité pour la participation à toute action visant la démocratisation du système des Nations Unies et l’application des textes des organismes internationaux (ONU, UNESCO, UNICEF, OIT). Le Réseau se range résolument aux côtés des organisations similaires ou partageant les mêmes objectifs, il est également, solidaire de tous les peuples et groupes opprimés.

Le Réseau AZETTA et les droits de l’homme

Le Réseau Azetta, épris de justice et d’équité, est profondément attaché aux valeurs humanistes. Il ne saurait tolérer les exactions Etatiques ou les actions terroristes quelle qu’en soit, par ailleurs, les motivations. Le Réseau considère que le droit à la vie est un droit sacré qu’aucune raison d’Etat (ou contestation, aussi noble soit elle) ne saurait le remettre en question ainsi que les autres droits, garantis par les conventions internationales des droits de l’Homme.

Croyant fermement à l’égalité des langues, des cultures et des sexes, le Réseau condamne toute forme de ségrégation linguistique ou sexiste, et dénonce toute exploitation des enfants.

Le Réseau AZETTA et la question des peuples colonisés et des peuples sans Etat

Le Réseau Azetta, internationaliste et universaliste est solidaire des peuples dont les territoires sont occupés et des peuples sans Etat. Il ne saurait qu’exhorter ces peuples à lutter pacifiquement pour recouvrer leurs droits. En effet, nul n’est en droit d’amputer le patrimoine universel de l’une de ses composantes. Le Réseau considère qu’il s’agit, pour nous tous, d’un bataille commune contre l’oppression et l’exclusion et il oeuvre pour l’établissement de liens afin pour le partage de nos expériences. Il exhorte les Etats à mettre en oeuvre les conventions et chartes relatives aux droits de 1’homme.

Actions à promouvoir et devant faire objet de lutte :

  1. L’abrogation de l’article de la constitution qui stipule que L’Islam est la religion de l’Etat. Cet article de la loi fondamentale prône l’exclusion. En outre, tous les gens ne sont pas tenus de rechercher un protecteur de leurs croyances d’une part, et ne sont pas forcément musulmans, d’autre part.
  1. L’officialisation de la langue amazigh et du principe de la laïcité dans la constitution en tant que prémices de l’ouverture de l’Etat sur le monde extérieur et la réconciliation avec l’histoire ancestrale de notre patrie.
  1. L’amendement du Dahir relatif à la généralisation, l’unification et l’arabisation. En effet, il s’agit d’un Dahir coercitif pénalisant les Marocains éduqués et formés dans une autre langue.
  1. L’officialisation de la langue amazigh est le seul statut à même de garantir sa pérennité. Ce statut permet à ses locuteurs de bénéficier d’avantages matériels et symboliques.
  1. Le statut de langue impose à l’Etat de mettre en ouvre tous les moyens pour le développement, la promotion et la diffusion de la langue et de la culture amazighs. Les militants amazighs sont en droit de lutter pour amener l’Etat à œuvrer dans ce sens, en recourant à la justice en cas de besoin.
  1. L’enseignement du tamazight doit être dispensé à tous les marocains, et doit bénéficier de tous les droits garantis à la langue arabe. Tout autre statut du tamazight est dévalorisant.
  1. La création d’établissements publics et d’instituts, autonomes sur les plans administratif et financier, et ayant des attributions pour gérer les affaires publiques dans l’espace amazigh. La normalisation de la langue tamazight doit se faire dans un lieu qui s’attache à sa standardisation et sa normalisation.
  1. L’encouragement du mouvement associatif. Ce dernier constitue un terreau fertile pour l’émergence l’élite d’une nation. L’évolution d’une nation se mesure à l’importance que revêt son tissu associatif.
  1. La promotion de la création de medias audio-visuels au niveau de chaque région naturelle (radio, tv, journaux). Ce sont effectivement des instruments et des mécanismes pour la socialisation et l’extension du rayonnement des langues et cultures propres au pays.
  1. La refonte du système éducatif. L’école marocaine actuelle, a été dévoyée de sa mission formatrice au profit d’une mission « idéologisant » (l’exemple du tamazight dans la Charte Nationale de l’éducation et la Formation). Seule une solution chirurgicale est à même d’atténuer les préjudices causés par un enseignement plus que médiocre. Une simple réforme ne saurait être la réponse adéquate, aussi le Réseau Azetta préconise-t-il une refonte totale du système éducatif dans la perspective de le moderniser et de l’adapter au marché de l’emploi.
  1. L’enseignement des langues étrangères. Le monolinguisme dispensé est synonyme d’analphabétisme dans un monde qui ne cesse de s’ouvrir et de se diversifier. Le plurilinguisme doit être, naturellement, obligatoire si on veut s’inscrire dans la dynamique universelle. A cet effet, la maîtrise des langues étrangères doit être mise à la portée de tous les citoyens.

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