Réseau AMAZIGH

Lettre ouverte

Lettre ouverte à Messieurs le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur et le Ministre de la Justice pour protestation sur la continuité de l’Etat du Maroc à interdire le droit des Amazigh à nommer leurs enfants en Amazigh

lundi 10 novembre 2008 par reseauamazigh

Le Bureau Exécutif du Réseau Amazigh pour la Citoyenneté a reçu avec beaucoup de regret un rapport stipulant l’interdiction des autorités de la 9ème annexe administrative d’Elhamria, Commune Urbaine de Meknès, le 19/09/2008, à M. Driss Bouljaoui de nommer son enfant qui vient de naitre le 01/08/2008 en le nom amazigh « Sifaw », et ce, selon le PV de l’observation faite par le juge, selon le prétexte que ce nom est interdit par une circulaire n° 160 du ministre de l’Intérieur du 24/06/2005. Le Bureau Exécutif tout en protestant de nouveau cette interdiction du nom de l’enfant Bouljaoui Sifaw, considère que cet acte n’est qu’une suite aux formes de discrimination raciale à l’encontre des amazigh au Maroc.

Nous considérons également qu’après cet acte de discrimination d’une part, que le discours du Ministre de l’Intérieur lors d’une conférence de presse autour des noms amazigh a perdu toute crédibilité, et que ce qui est arrivé à la famille de M. Bouljaoui est une atteinte dangereuse au droit de la personnalité juridique, et un désengagement des responsabilités de ce Ministère. Ce qui contredis les déclarations de votre gouvernement auprès des Commissions Onusiennes des Droits Humains, dont votre déclaration auprès de la Commission des Droits Economiques, Sociaux et Culturels tenue en Mai 2006, et le Conseil des Droits Humains lors de son examen du Rapport Global présenté par le Maroc en Avril 2008, dans lequel vous avez considéré que le sujet des noms amazigh a été traité de façon définitive.

Nous déclarons donc, notre décision d’envoyer un appel à la Haute Commission des Droits Humains à se comporter avec sérieux à l’égard des engagements du Gouvernement du Maroc, qui ne sont pas tenus, et qui ne cessent d’être violés à l’encontre des bases et principes que le Maroc annonce aux moyens d’informations internationaux.

Nous vous appelons dons à retirer immédiatement la décision de vos autorités susmentionnées, et permettre ainsi à l’enfant « Sifaw » de jouir de son droit à la personnalité juridique, et à lever toutes les formes de discriminations à l’égard des amazigh et de l’amazighité contenues dans les décisions de la Haute Commission de l’Etat Civil, et à rayer les responsables de ces autorités de leurs fonctions à cause de leurs violations continues et qui ne cessent de se multiplier contre le droit des amazigh à jouir de leur personnalité juridique.

Nous réitérons nos revendications à instaurer une Constitution démocratique dans la forme et dans le contenu, qui stipule que l’Amazigh est langue officielle et qui insère de manière effective la langue, culture et civilisation amazigh dans tous les secteurs publics.


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