Lettre de protestation ouverte à :
lundi 21 avril 2008 par reseauamazigh
Malheureusement, nous avons été surpris au sein de l’Observatoire d’Azetta pour les Droits Linguistiques et Culturels Amazighs affilié au Réseau amazigh pour la Citoyenneté, et dans le cadre de notre action, par le fait qu’en 2 Avril 2008 en cours, à 11heures, Madame Fadma Ahi s’est présenté en compagnie de son fils Said au Bureau N° 30 du 7ème arrondissement de la Police Judiciaire de la province Derb Seltan Elfida à Casablanca, pour qu’elle soit écoutée au sujet de la plainte n° : 146/ش08, déposée auprès de la Délégation Générale du Tribunal de Première instance de Casablanca le 04/01/2001 concernant la falsification d’un papier formel et son usage contre une personne, tant qu’elle se présente en tant que mandataire des héritiers de son époux Jelloul Mohammed.
Et à l’encontre du prévu, Madame Fadma Ahi a été surprise et nous aussi par la décision de l’officier de la police judiciaire de ce bureau de refuser de l’écouter sous prétexte qu’il n’entends nullement aux personnes qui ne maîtrisent pas l’arabe, en plus il propose aux héritiers de mandater une autre personne au lieu de leur mère qui ne maîtrise aucune autre langue que sa langue maternelle Tamazight.
Et étant que ce comportement n’a pas été attendu de la part d’un officier qui représente une instance qui devait s’armer des principes et valeurs de la citoyenneté et d’équité dans sa façon de se comporter avec tous les citoyens marocains sans aucune discrimination sous prétexte de langue, d’appartenance ethnique ou autres ; et que seule la loi doit être le seul élément de tous les comportements des agents de la justice. A ce propos, le réseau Amazigh pour la Citoyenneté, et partant du grand intérêt que nous accordons au respect des droits humains et de la citoyenneté, et à ce que les différentes institutions de l’Etat et leurs délégations doivent se soumettre à la loi en vigueur et à mettre en application ces références dans leur relations avec les individus qui leur font appel pour bénéficier des différents services publics, et que l’accès à ces services qui doit être ouvert à tous sur la base de l’équité et sans aucune discrimination conformément à l’article 4 de la Convention de l’Elimination des toutes les Formes de Discrimination Raciale.
Pour cela, et au temps où nous exprimons notre protestation à ce sujet, nous réitérons nos revendications à déclarer la langue Tamazight langue officielle au sein d’une constitution démocratique, et à réviser les textes de la procédure civile et judiciaire de manière à ce qu’elle présente une équité égale entre tous les citoyens sans aucune discrimination sous prétexte de la langue, de l’appartenance ethnique ou autres. Le Dahir25/1/1965 qui instaure une discrimination raciale doit également être éliminé étant donné qu’il refuse aux Imazighen marocains d’utiliser leur langue maternelle au sein des administrations et des Institutions publics dont celles de la justice.
Ainsi, nous vous envoyons cette lettre ouverte pour prendre les mesures adéquates dans le cadre des tâches et des responsabilités qui vous sont affiliées afin de protéger le principe de l’équité et de l’égalité dans les droits pour tous les individus.
Et dans l’attente de voir ce devoir effectué sur le terrain, veuillez agréer nos respects et nos considérations distingués.
