Forum des Alternatives Maroc

Plateforme

jeudi 29 novembre 2007 par FMAS

Le Maroc a connu ces dernières années des avancées importantes en matière de réformes allant dans le sens du renforcement de l’état de droits et de la protection des droits humains : le code des libertés publiques, le code pénal, le code de la famille, le code de la nationalité, le code électoral, la loi des partis, la charte de l’enseignement, la charte communale, la recomposition du CCDH, le processus de justice transitionnelle.

D’un autre côté, plusieurs chantiers ont été lancés : Le CCDH est, dans le cadre des recommandations de l’IER, en cours de développement d’actions de renforcement de la « gouvernance » en particulier dans les domaines de : la formation/sensibilisation des agents chargés de l’application des lois ; le suivi des engagements du gouvernement en matière de protection des droits aussi bien au niveau central qu’au niveau local ; le renforcement du travail des commissions d’enquête parlementaires en leur apportant l’expertise sécuritaire et juridique en vue de les aider à élaborer des rapports objectifs et pertinents, la vulgarisation des textes et règlements relatifs aux systèmes de sécurité, le lancement du Plan National de Promotion des Droits de l’Homme.

Le Maroc a connu également la création d’un Ministère en charge du développement Social, le lancement de l’INDH, les campagnes du secrétariat d’Etat à la Famille, l’Enfance et les Personnes handicapées sur la violence à l’égard des femmes ainsi que sur l’exploitation des petites bonnes ; le projet de loi réglementant le travail domestique, un projet de loi sur la violence domestique, les analyses du rapport du cinquantenaire du développement qui présentent un diagnostic du Maroc dans différents domaines mais également une prospective sur les axes stratégique pour le développement du pays.

Durant ces dernières années, les possibilités d’influence des acteurs sociaux dans la vie sociale et politique se sont élargies d’une façon notable. Cela s’est traduit notamment par une meilleure prise en compte des attentes de la société civile dans le domaine des droits de l’homme, du mouvement des femmes et de la liberté d’expression et d’association. Des mobilisations importantes ont été menées : lutte pour la transparence et contre l’impunité, contre les discriminations et pour des lois égalitaires, campagnes contre la pauvreté. Dans les quartiers et les localités s’est développé un mouvement associatif de proximité, de micro-entreprises, d’éducation populaire, liant ensemble les thèmes de la démocratisation à ceux des défis sociaux (lutte contre la pauvreté, alphabétisation, protection de l’environnement et de la petite production agricole, etc.).

Il faut par ailleurs noter que l’une des caractéristiques du paysage social politique marocain est celui du mouvement des femmes. Ces associations féminines ont réussi grâce à leur plaidoyer à influencer des réformes juridiques importantes : leur mobilisation pour la réforme du code de la famille, pour la défense d’actions affirmatives pour la représentation politique des femmes dans les instances élues, la réforme du code du travail, du code pénal et tout dernièrement celle du code de la nationalité en sont le plus bel exemple. Sans compter qu’elles sont très actives dans le travail de proximité, en particulier en direction des femmes victimes de violence grâce au déploiement de centres d’écoute dans différentes régions et petites localités enclavées et ce malgré des moyens très limités pour faire face à l’ampleur du phénomène.

Le mouvement des droits humain, a quant lui réussi des mobilisations sans précédents, sa dernière interaction avec l’Instance Equité et Réconciliation a permis de faciliter les investigations, la réalisation des auditions publiques, et d’influencer le rapport final en matière de recommandations.

La question amazighe portée par des mouvements pour la défense des droits culturels amazighe, réseau associatif de quelques 200 associations a connu la création de l’IRCAM, l’intégration de la langue amazighe à la télévision (journaux télévisés mais également émissions culturelles) et le rôle joué aujourd’hui par le tissu associatif amazighe contribue indéniablement au renforcement du processus de démocratisation.

La bataille des diplômés chômeurs, qui en arrive à des formes d’expression extrêmes tels les cas de tentatives d’immolation par le feu pour le droit au travail, a amené les pouvoirs publics à engager des mesures pour la création de nouveaux emplois : La publication des statistiques de l’emploi pour l’année 2006 fait état de la création de 300 000 emplois et le taux de chômage global a significativement baissé pour s’établir à 15,5 % en milieu urbain (contre 18,4 % en 2005). Cependant, le niveau du chômage urbain demeure encore très élevé. Il est de 31,7 % pour les jeunes de 15-24 ans et de 21,2 % pour ceux dont l’âge est compris entre 25 et 34 ans. Par ailleurs, le taux de chômage moyen des diplômés y est de 20,8 %.

D’un autre côté, de nouveaux acteurs sont entrés sur la scène des revendications avec de nouvelles formes d’intervention. Face à un syndicalisme en crise le secteur associatif et les populations défavorisées ont réussi une forte mobilisation contre « la cherté de la vie » et des sit-in ont été organisés dans plus d’une quarantaine de villes dans différentes régions du pays. Dans la réalité les populations pauvres ont surtout manifesté contre la privatisation des services publics (eau, électricité, santé).

L’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, qui s’insurge contre l’économie de rente et qui veut une recomposition de l’espace public, avec une « entrepreneurisation » du pouvoir. L’entrepreneur marocain se veut un acteur du changement social et commence à développer un marketing social. Les acteurs économiques se disputent désormais la prépondérance dans l’espace public, dans une logique d’ascension sociale et de recomposition de la classe dominante.

Toutes ces avancées restent toutefois fragiles, ambivalentes et inachevées si des mesures urgentes ne sont pas engagées au niveau des politiques et programmes nationaux. Les préoccupations les plus importantes qui retiennent notre intérêt sont :

1. La persistance d’un chômage structurel et d’une trop forte dépendance de l’agriculture des aléas climatiques rendent illusoire l’atteinte d’un objectif de plein emploi à court terme. Les jeunes et tout particulièrement les diplômés en sont les premières victimes. Les déficits sociaux, de grande ampleur, mettront du temps à se résorber. Les fortes inégalités sociales ne se réduiront qu’à la suite de décisions politiques courageuses en matière de fiscalité et donc de redistributions équitables des richesses.

2. Les relais traditionnels d’opinion et d’organisation des populations, à savoir les syndicats et les partis politiques, sont en crise. Ils éprouvent de réelles difficultés à se réformer de l’intérieur et à transmettre les responsabilités à de nouvelles générations.

Les enquêtes relèvent une forte désaffection des citoyens, en particulier les femmes et les jeunes pour la chose politique :

  • 50% des jeunes ne sont pas inscrits sur les listes électorales
  • 38% seulement des jeunes ont participé aux dernières élections législatives
  • Moins de 1% des femmes adhèrent à des partis politiques
  • 68% des jeunes n’ont pas confiance en la politique
  • 95% des jeunes ne s’identifient à aucun courant politique
  • 57% des jeunes sont pour le hijab
  • Seules 0,54 % des élus communaux sont des femmes
  • Une absence des repères idéologiques chez une grande partie des citoyens et notamment chez les jeunes influencés par les médias à forte connotation religieuses et populistes. Face à cette absence de crédibilité des syndicats et des partis, les associations restent un lieu privilégié d’action citoyenne.

3. Malgré les gros efforts fournis par le « pôle social » sous la supervision du Ministère du développement social, auxquels viennent s’ajouter les efforts de l’INDH, le bilan social fait l’objet de controverses. Malgré les milliers de projets et les budgets consentis, on s’interroge sur l’efficacité des actions de lutte contre la pauvreté, engagées lorsque le Maroc se maintient au niveau de l’indice de développement humain au 123ème rang mondial (rapport 2006 du PNUD).

4. Il convient également de noter qu’avec une population active occupée de 9.928.000 personnes dont près de 6 millions de salariés, la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) n’enregistre qu’un million sept cent milles salariés dont 48 % avec un salaire inférieur ou égal au SMIG. Ces chiffres permettent de mesurer le poids du secteur informel dans l’économie marocaine et ses conséquences tant au plan social pour les travailleurs concernés qu’au plan du non-respect des normes de protection des droits sociaux.

5. Par ailleurs, la situation des libertés publiques connaît une montée de la logique sécuritaire, et particulièrement depuis les attentats de Casablanca en 2003 et l’adoption de la loi anti-terroriste. L’institution de la justice, pilier fondamental d’un Etat de droit, reste sous influence et dépendante du pouvoir politique et la langue et les droits culturels amazighs ne sont pas reconnus sur le plan constitutionnel.

6. L’offensive américaine contribue fortement à bousculer les équilibres politiques et sociaux. L’accord de libre-échange avec le Maroc, le projet du Grand Moyen Orient et la guerre globale engagée par le gouvernement américain au lendemain des évènements de septembre 2001 ont des retombées sociales, politiques et financières sur les acteurs et sur le processus démocratique.

7. Le système politique, et la loi suprême du pays, la constitution, présentent des obstacles importants à la consécration d’un état de droit, à savoir : la place des traités internationaux ratifiés dans la hiérarchie de la norme juridique interne et la question de l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la séparation des pouvoirs.

8. Enfin, on ne peut réellement appréhender la réalité des acteurs et des enjeux sans tenir compte des mutations culturelles qui traversent la société marocaine : le poids du référentiel et la place qu’occupent des groupes politiques islamistes dans le champ politique et social.

Dans ce contexte, les associations se positionnent désormais dans tous les domaines d’activité et sur tous les sujets de société. Elles mobilisent et médiatisent leurs revendications sans avoir toujours la capacité d’organisation et les compétences en leur sein pour canaliser les énergies vers la réalisation d’actions positives et de grande ampleur pour la société. L’action revendicative et de proposition alternative semble désormais être le point fort des ONG. La lutte contre le travail des enfants, pour l’égalité salariale, les combats des diplômés chômeurs et les revendications contre la vie chère, le combat des femmes pour l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques et même la revalorisation des partis et la recomposition du champ politique sont l’apanage des associations.

Cette percée des associations et de leurs réseaux jusque dans les milieux ruraux des territoires enclavés témoigne d’un certain nombre de contradictions sociales et des mutations profondes de la société marocaine.

En s’engageant sur des terrains multiples et de proximité (chômage des jeunes, vie chère, etc.), les associations tentent de reconstruire de nouveaux espaces d’autonomie, de prise de parole et de résistance à l’emprise des pouvoirs immobiles : partisan, syndical, "makhzénien" ou patronal.

Toutefois, l’expérience démocratique du Maroc est à ses débuts et se retrouve confrontée au défi de la mise en place de toutes les institutions nécessaires à son approfondissement, ceci dans les questions d’égalité entre hommes et femmes, de justice sociale, de gouvernance et de culture des droits Humains. La transition politique a encore besoin d’un débat et d’une clarification sur la question du statut des femmes, de la justice, de médias réellement indépendants et d’une administration efficiente, transparente et décentralisée pour regagner la confiance des citoyens et des citoyennes. Ce sont autant d’enjeux que le Maroc doit relever pour réussir sa transition politique, sociale et économique. Le Maroc vient de connaître les élections législatives 2007, censées pérenniser ou redéfinir les choix politiques, économiques et sociaux actuels. Le taux faible taux de participation de 37% a été vécu comme un véritable séisme politique et interpelle l’ensemble des acteurs sur les raisons d’une telle défection qui remet en cause la crédibilité des instances représentatives des électeurs.

Le mouvement associatif, acteur décisif dans l’institutionnalisation de la démocratie, dans la lutte contre la marginalisation et la pauvreté, dans la mobilisation et l’éducation des populations aux principes d’égalité et de justice, est confronté à de nombreux obstacles qui ne seront surmontés que dans le moyen – long terme. Parmi ceux-ci, peuvent être cités :

  • les insuffisances dans la capacité des acteurs locaux à gérer le développement local,
  • le déficit en travailleurs sociaux, particulièrement en agents de développement social et l’absence de statuts de ce personnel.
  • L’absence de qualification professionnelle de nombreux responsables associatifs dans le domaine social ainsi que le faible nombre de réseaux associatifs pouvant mettre en commun des compétences et capitaliser sur les synergies,
  • Les moyens limités en ressources humaines et financières politiquement acceptables et non assorties d’exigences idéologiques ou politiques, pour assurer la mise en œuvre correcte de tous les programmes, leur suivi et les mesures d’impact.

Dans ce contexte, les centres de préoccupations du FMAS sont :

1. le dialogue entre acteurs associatifs, politiques et sociaux pour dépasser le clivage et le rejet mutuel entre acteurs associatifs, acteurs politiques, acteurs syndicaux et acteurs institutionnels et opérateurs économiques pour l‘émergence d’une stratégie concertée pour faire face aux défis du développement, de la démocratie et de la paix dans la région et dans le monde

2. les libertés publiques ; comment aller au delà de l’implication de 4 Ongs spécialisées pour faire de la lutte pour le respect des libertés publiques une affaire de tous, comment saisir l’opportunité de l’ouverture des espaces de liberté pour une plus grande et plus large appropriation des combats menés pour le respect des libertés publiques ?

3. Comment renforcer les initiatives de jeunes pour une plus grande implication dans la mouvance socio-politique et pour le renouvellement des élites

4. Comment capitaliser et aller au delà des formations réalisées par les associations pour répondre aux nouveaux besoins de l’action sociale et contribuer à l’élaboration d’une stratégie globale de formation des agents de développement ?

5. Comment, face à l’échec du processus de Barcelone et l’émergence de nouvelles luttes et de nouveaux acteurs et espaces intégrer le mouvement social marocain et régional dans les dynamiques alter mondialistes pour un monde meilleur.

MISSION ET OBJECTIFS :

Mission : Le Forum des Alternatives Maroc « FMAS » s’inscrit dans la lutte d’ensemble pour le respect des droits humains. Il a pour vocation de contribuer à ériger un mouvement social démocratique, citoyen fort et autonome. Il se définit comme une association de défense et de promotion des droits économiques, politiques, sociaux, civiques et culturels des groupes et des individus, sans distinction raciale, ethnique, linguistique, religieuse ou sexuelle.

Objectifs : Le FMAS, souhaite, par les différents projets, programmes et activités qu’il a engagés et qu’il engagera au cours des prochaines années, contribuer à :

• Améliorer et renforcer l’arsenal juridique et institutionnel pour l’édification d’un Etat démocratique, un Etat de droit et ce parallèlement à la démocratisation de la société pour l’égalité et contre toutes les formes de discrimination.

• Développer la recherche et l’esquisse de voies appropriées et égalitaires pour un véritable partenariat entre les divers acteurs sociaux et les gouvernants.

• Mobiliser, renforcer et outiller le mouvement social pour constituer une force de proposition, de veille et de pression pour le respect des droits et des libertés individuelles et collectives et pour plus de justice économique et sociale et contre l’exclusion.

• Inscrire le mouvement social dans la dynamique régionale et Internationale de lutte contre les effets néfastes et destructeurs de la mondialisation pour l’édification d’une solidarité des peuples de la région pour une zone de paix, de stabilité et de prospérité.

• Promouvoir le rayonnement des initiatives et projets conçus pour et par les jeunes et favoriser l’insertion de la jeunesse dans les espaces de mobilisation, d’action citoyenne et de participation à la gestion des affaires publiques.

DOMAINE(S) D’ACTIVITE :

Gouvernance et Démocratie :

Le FMAS est convaincu que l’établissement d’un état de droit et la démocratie passent par le respect et la promotion des droits humains et des libertés fondamentales. Aussi, relever les violations en matière de 1. Libertés publiques et 2. Pratiques électorales, sont un axe central dans le pouvoir d’influence des organisations au niveau de leur plaidoyer en direction des décideurs. De même qu’il est persuadé que l’exercice de réflexion et de dialogue entre les différents acteurs de la société est essentiel pour l’émergence d’une opinion publique agissant sur son environnement (séminaires, débats, mobilisations, études).

Jeunesse

Le FMAS est convaincu de la nécessité de renforcer la participation des jeunes dans le processus de construction démocratique. Il est persuadé que la création d’espaces de rencontres, d’échanges et de débats pour les jeunes permettra de promouvoir le rayonnement des initiatives et projets conçus pour et par les jeunes et de réussir l’insertion de la jeunesse dans les espaces de mobilisation et d’action citoyenne. Cet axe stratégique du FMAS de participation des jeunes au processus d’émergence d’une citoyenneté basée sur le respect des droits humains, de dignité et d’égalité et l’exercice des pouvoirs des citoyens, est le passage obligé à l’édification d’un projet de société moderne et démocratique.

L’approche du FMAS par rapport à la jeunesse est à la fois transversale et horizontale et vise d’une part à intégrer cette dimension dans l’ensemble de ces axes de travail et d’autre part de travailler sur la problématique de manière ciblée.

Pour le FMAS, le fait que cet axe stratégique soit mené par les jeunes est une condition essentielle pour une réelle insertion de ces derniers dans les espaces de participation citoyenne. La création d’Action Jeunesse à été animé par la nécessité de remédier à un douloureux constat qui est le désintéressement flagrant de la jeunesse tant au niveau local ou régional, à l’égard de tout ce qui peut initier le développement démocratique et le rayonnement des valeurs de la dignité humaine, à savoir : les associations, les partis politiques et les syndicats. Cette passivité est justifiée par la perte de confiance en ces institutions et leur pouvoir de changement.

L’action Jeunesse a donc pour mission la participation des jeunes au processus d’émergence d’une citoyenneté basée sur le respect des droits et l’exercice des pouvoirs des citoyens, et tout particulièrement l’enracinement et la promotion des valeurs attachées à la dignité humaine, aux droits de l’homme et aux principes de la démocratie, l’égalité et l’équité. Avec comme mot d’ordre : La responsabilisation, L’adhésion, la mobilisation et la participation de la jeunesse, des mots qui sont les termes d’un nouveau contrat social indispensable pour consolider les fondements du projet de société moderne et démocratique.

Formation

Le FMAS considère que l’émergence d’un pôle de formation au niveau national en matière de développement social et la constitution d’un noyau de compétences et de services, contribuera à ériger un mouvement social fort, influent et porteur d’alternatives. L’alimentation de la réflexion sur les questions de développement social et de bonne gouvernance et la production de savoirs relatifs à ces questions sont des domaines d’actions de très grande importance pour l’amélioration de la qualité d’intervention des acteurs sociaux et a des conséquences de plus long impact sur les projets de développement qui seront menés.

Mouvements sociaux

Ce dernier axe d’intervention du FMAS est relatif à l’exigence d’inscription dans le mouvement social régional et mondial. En effet, le FMAS reste convaincu que la force d’influence dans la construction du changement à une échelle nationale est renforcée par les dynamiques internationales et les forums sociaux. En effet, les organisations internationales interfèrent dans les politiques nationales. Aussi, il estime important de s’inscrire dans les champs de lutte contre les effets néfastes et destructeurs de la mondialisation, la recherche d’alternatives et la mouvance internationale pour la paix. Dans cet axe, le FMAS a de plus la préoccupation de faire connaître la richesse des sociétés civiles du Maghreb et du Machrek, l’étendue de son implication dans le développement, les luttes sociales, de même que ses perspectives dans le processus de transition démocratique et de mondialisation en cours ainsi que de faciliter l’accès à l’information, la documentation et les analyses produites dans ces champs d’action.

STRATEGIES D’INTERVENTION

Dans le cadre de sa contribution à la création d’un environnement favorable à la construction démocratique, le FMAS développe 4 axes stratégiques :

Le plaidoyer, concertation, mobilisation sur les réformes/politiques/programmes susceptibles de renforcer la construction démocratique ainsi que le respect des droits humains et des libertés publiques. Les stratégies de sensibilisation concertées ont été déterminantes pour atteindre les résultats escomptés passés (exemple du mouvement des femmes) et sont par conséquent un facteur clef de la réussite.

La mise en place de réseaux d’actions et de connaissances rassemblant différents acteurs de la société civile, des institutionnels, du milieu des universités, etc. ; en vue d’une prise en compte plus efficace des besoins des populations ; mais également le réseautage visant le rapprochement des acteurs sociaux de différentes régions, localités et de différents pays, ceci en vue de constituer un mouvement social alternatif influant sur les questions de la paix, la démocratie, la gouvernance, le développement humain et économique équitable, l’immigration, la protection de l’environnement, etc. à l’échelle locale et globale. Le réseautage est une stratégie éprouvée qui permet d’assurer la pérennité des initiatives engagées.

Le renforcement des capacités des associations pour augmenter leur pouvoir d’influence quant aux priorités, politiques et programmes qui touchent à leur vie, ainsi que le renforcement du pouvoir des jeunes pour qu’ils deviennent un mouvement d’influence portant la voie et les préoccupation des jeunes. L’accompagnement des acteurs de développement associatifs et institutionnels dans l’élaboration d’un cadre du statut du travailleur social permettant la qualification du secteur, l’amélioration des prestations et de leur impact sur les conditions de vie des bénéficiaires et davantage de protection pour les acteurs du métier.

La production de données et de connaissances, notamment par le biais de la recherche-action sur des questions d’intérêt et leur large diffusion ainsi que le développement de solutions alternatives aux questions d’exclusion, d’inégalité, de précarité, de chômage, de formation, etc. Le FMAS essaiera, grâce à ses différents programmes d’assurer, grâce aux moyens de communication tant traditionnels qu’électroniques, la diffusion d’informations, d’analyses et de données actualisées sur ces thèmes.

Pour le FMAS, la question du genre constitue une préoccupation transversale de sa programmation. Aussi, et bien que le FMAS n’intervient pas spécifiquement sur le champ de la lutte pour l’égalité des sexes, portée par un mouvement féministe dynamique, spécialisé et bien organisé, il adhère et soutient toutes les actions du mouvement des femmes.

Grands axes du Plan d’action 2008/2010

1. Gouvernance et Démocratie

-*Libertés publiques :

    • Loi des associations et des rassemblements publics et code de la presse

-*Processus électoraux :

    • Dynamisation d’espaces de débat pour l’intégrité des processus électoraux

-*Dialogue entre acteurs :

    • Promotion de la démocratie, la citoyenneté, la modernité et la défense des libertés individuelles et collectives ;

2. Jeunesse

  • Plate forme des jeunes pour la participation citoyenne : sensibilisation sur la participation citoyenne et politique, éducation, emploi, environnement, égalité des genres, laïcité, expression culturelle et artistique, etc
  • plaidoyer pour que la voix des jeunes soit entendue : Savoirs et analyses produits sur les problématiques touchant la jeunesse
  • Mise en place de relais/points d’information jeunesse dans les régions : espaces, ressources et outils sont gérés et animés par les jeunes.

3. Formation

  • L’Institut de Formation des Agents de Développement
  • Le Fond d’Expertise Participative

4. Mouvements sociaux

  • Dynamisation du Forum Social Maroc à l’échelle locale, régionale et contribution aux dynamiques internationales
  • Portail Société Civile Maghreb/Machrek : renforcement des capacités dans les questions de la mondialisation, la gouvernance et les processus démocratiques.

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