Regards croisés sur le patrimoine culturel marocain
mercredi 30 septembre 2009 par Action Jeunesse
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Action Jeunesse, groupe de jeunes du Forum des Alternatives Maroc (FMAS), lance son premier projet de films documentaires intitulé : « Regards Croisés sur le patrimoine culturel marocain ».
Soutenu par l’Union européenne, le projet consiste à faire participer des jeunes, d’horizons divers, à la réalisation et la diffusion de trois films documentaires en relation avec le patrimoine culturel marocain.
Le projet « Regards croisés sur le patrimoine marocain » est une initiative associative qui vise la valorisation du patrimoine culturel marocain par les jeunes via le cinéma documentaire.
Pourquoi travailler sur le patrimoine ?
Carrefour géographique et culturel, à la confluence de la méditerranée, le Maroc bénéficie d’une mosaïque patrimoniale riche et diversifiée. Le FMAS/AJ estime que le patrimoine culturel est fondamental dans la construction identitaire de la jeunesse marocaine. La richesse et la pluralité du patrimoine marocain nécessitent d’être préservées. Valoriser et promouvoir le patrimoine culturel marocain est un enjeu fondamental pour les années avenir, non seulement pour sa valeur intrinsèque, mais aussi parce qu’il est l’expression d’une identité culturelle et civilisationnelle plurielle.
Pourquoi travailler avec des jeunes ?
Le FMAS/AJ est convaincu que impliquer la jeunesse dans la connaissance, la promotion et la valorisation du patrimoine local et national contribue à apporter un regard actualisé sur le patrimoine et à agir dessus de manière réfléchie et créative.
Le projet tente de mettre des jeunes marocains, d’horizons divers, en situation d’acteurs en les encourageant à travailler en commun dans un esprit d’échange. Les jeunes participants peuvent, alors, s’approprier d’une façon intellectuelle et créative, un monument, des traditions, un lieu, une langue, des pratiques culturelles ou artistiques, etc. Ils peuvent de la sorte nous transmettre leurs visions du patrimoine culturel marocain et la partager avec d’autres jeunes et le reste de la société contribuant de la sorte à la promotion et la valorisation de leur patrimoine et participer à sa sauvegarde.
Pourquoi travailler sur le film documentaire ?
Le film documentaire est devenu un genre cinématographique à part entière. Il est un instrument des plus pertinents lorsqu’il s’agit d’aborder des problèmes de société complexes dans un souci de clarté et de durabilité. Il traite des sujets dans une forme esthétique, donnant à l’information une dimension artistique, un attrait et un impact significatif.
Le projet appréhende le film documentaire comme un outil de communication et de sensibilisation privilégié pour tout ce qu’il peut apporter en terme de production et de diffusion de formes créatives et de contenus par et pour des jeunes.
Comment ?
A travers des formations techniques et thématiques en lien avec la médiation interculturelle, le cinéma documentaire et le patrimoine culturel, les jeunes participants peuvent réaliser trois documentaires dans le but de les diffuser au Maroc, et plus largement, en France et en Espagne, via à ses partenaires les associations « Echanges et Partenariats » (France) et « Arquitectura y Compromiso Social » (Espagne).
La réalisation et la diffusion de 3 films documentaires seront réalisées grâce à l’appui institutionnel des associés : l’Université Mohamed V Souissi, le Centre Cinématographique Marocain (CCM), le festival du film transsaharien. Les formations en cinéma et l’appuis technique seront apporté par : l’Institut Spécialisé du Cinéma et de l’Audiovisuel (ISCA)
Des thématiques pointues :
1) Le patrimoine matériel : les expériences de revitalisation du patrimoine culturel par la société civile.
Au Maroc une partie de patrimoine culturel matériel se trouve dans un état d’abandon. Des vestiges qui témoignent de l’histoire du pays, deviennent au cours du temps des lieux délabrés inutilisables.
En même temps, plusieurs initiatives, notamment de la société civile, tentent de réinvestir ces lieux en les réintégrant dans leur tissu socio-économique. Elles luttent contre les menaces de destruction, pour valoriser ces lieux en vue d’attirer des touristes et de soutenir l’économie locale, ou tout simplement parce qu’un amateur de la région y a découvert des trésors négligés. Elles ont donc des objectifs multiples qui ne visent pas seulement la préservation des choses du passé, mais se tournent aussi vers l’avenir.
Ce genre d’initiatives pourrait être la matière d’un film documentaire, retraçant ces expériences.
2) Le patrimoine immatériel : les pratiques, les savoirs et les savoir-faire traditionnels au service du développement durable.
Les pratiques, savoirs et savoir-faire traditionnels sont un legs civilisationnel. Les techniques traditionnelles de l’agriculture biologique, la gestion sociale de l’eau (ex. vallée des Ait Bougamaz, palmeraies du sud…), les herboristes et la médecine traditionnelle, les pratiques de solidarité tribale… sont parmi des exemples concrets qui relèvent de processus de développement que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de « durables ». Dans le processus actuel de mondialisation, ces pratiques savoirs et savoirs faire sont des éléments clés du capital social des habitants des régions où elles subsistent et des atouts qui peuvent être mise au service de la lutte contre la pauvreté.
Toutefois ce patrimoine immatériel tend à disparaître. Le faire connaître à travers un film documentaire peut aider à le revaloriser en le diffusant à large échelle dans un processus de redécouverte et de réappropriation.
3) La création artistique : Les processus de création artistique s’inspirant du patrimoine culturel marocain.
Le patrimoine marocain a souvent inspiré des créateurs marocains et étrangers dans leurs créations. Aujourd’hui encore, des jeunes marocains mettent en avant ce legs dans leurs oeuvres. Que ce soit en musique, en mode, en design, en graphisme, en cinéma/ audiovisuel, en web, en théâtre ou en danse… des créations contemporaines voient le jour et nous invitent à jeter un regard neuf sur notre patrimoine. Ces jeunes ont souvent une conception plurielle de la culture marocaine et utilisent un langage et une perception contemporaine. Ce documentaire invite des jeunes à proposer un point de vue original sur ce phénomène en prenant en considération sa richesse mais aussi ses limites et les défis auxquels il est confronté.
Un projet bien avancé :
1 - Journée de sélection, 28 Mars 2009
Suite à l’étude de plus d’une soixantaine de CV, de lettres de motivations et de propositions d’idées de films, le FMAS/AJ et ses partenaires ont retenu une vingtaine de jeunes, étudiants, acteurs associatifs, diplômés en recherche d’emploi pour participer à la journée de sélection.
Celle-ci avait pour but de prendre le temps d’échanger, de se connaître dans la perspective des étapes avenir du projet. C’était, également, l’occasion d’évaluer les candidats sur leur capacité à travailler en groupe.
Ce sont des jeunes entre 21 et 35 ans, venant de l’axe Kenitra/Casablanca, de Tanger, de Ouarzazate, de Beni Mellal, d’Essaouira, de Tiznit, etc, dont neuf jeunes femmes. Tous ont prouvé leur motivation pour participer au projet.
La journée a été ponctuée par la présentation du projet, du FMAS/AJ, des partenaires et associés, qui ont laissé place à des questions/réponses et à des mises en situation. Les jeunes participants ont joué le jeu et ont rapidement crée une dynamique de groupe. L’intérêt était de faire participer tout le monde, pour que chacun puisse se présenter devant le groupe et pour qu’ils interagissent.
Le coordinateur d’Action jeunesse a réaffirmé l’importance de lier les trois thématiques pour mettre en valeur les initiatives sociales et associatives qui valorisent et préservent le patrimoine culturel marocain via l’expression des jeunes.
A cet égard, la créativité des jeunes candidats a été mise à l’épreuve pendant cette journée. En leur demandant de présenter, d’une manière originale, les thématiques qu’ils ont préalablement choisi, les jeunes ont appliqué l’exercice de groupe avec créativité, humour et expressions significatives.
En conclusion, on peut affirmer que la journée de sélection a été réussie. La volonté d’implication et la force de proposition des jeunes étaient au rendez-vous. A travers cette journée, on se rend compte du potentiel des jeunes et l’intérêt de ce type de projet qui leur permet de pouvoir s’exprimer.
2- Deux mois de formations…. Pour la réalisation de trois documentaires :
Les 11 jeunes sélectionnés ont participé à deux mois de formation entre le 20 avril et le 15 juin 2009.
L’objectif principal de la formation était de fournir les connaissances et les expériences nécessaires pour que les jeunes puissent appliquer la formation à la conception et à la réalisation des trois films documentaires.
Action Jeunesse a souhaité appliquer la logique de formation/action en sollicitant des professionnels du film documentaire et de la médiation interculturelle.
Les formations ont été réalisées en collaboration avec la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Mohamed V de Rabat et l’Institut Spécialisé en Audiovisuel et en Communication (ISCA).
Les sessions de formation ont été ponctuées par l’intervention de professionnels du film documentaire et par des membres d’Action Jeunesse
La formation en médiation interculturelle à l’Université Mohammed V Souissi :
La formation en médiation interculturelle de la faculté de l’éducation de l’Université Mohammed V, pour une réflexion sémantique et contextuelle du projet de documentaire
La formation en médiation interculturelle a contribué à l’appropriation par les jeunes du film documentaire, en ce qu’il représente symboliquement et en ses capacités de transmission d’information.
Elle a porté sur l’importance de définir les concepts utilisés pour pouvoir déterminer le sens des mots et leur contexte ainsi que leurs figures linguistiques. A travers un travail sur la sémantique, l’objectif était de faire prendre conscience aux jeunes de l’influence de l’environnement, de l’histoire sur les représentations linguistiques des mots.
Par ailleurs, La réalisation d’un documentaire suppose une réflexion sur ses enjeux. La formation a souligné l’importance de réfléchir sur ce que l’on veut réellement, face aux regards de l’autre. L’intervenant a signalé le travail préalable sur soi en terme de « moulage » et « démoulage » dans le sens de développer un regard extérieur sur sa situation, sur les raisons du sujet choisi. Deux éléments fondamentaux permettent d’entretenir une communication : prendre l’initiative et écouter.
Les sessions de formation en médiation interculturelle ont traité du film documentaire comme un support d’expression, qui amène à réfléchir sur soi, sur un sujet et sur le regard des autres.
6 sessions de formations en technique du film documentaire à l’ISCA.
Retour sur la définition d’un film documentaire : Le film documentaire vise à ramener la réalité à soi, sans être neutre. Il prend appui sur la réalité. Il s’agit pour l’auteur d’identifier ce qui, dans la réalité, peut constituer une histoire.
Le film documentaire se distingue du reportage, qui va vers la réalité et laisse le spectateur juger. Tandis que la fiction crée la réalité. Le documentaire doit avoir un raisonnement en image. D’une manière plus globale, il faut penser les choses en rapport avec l’émotion transmise par l’image et le son.
1) Idées et synopsis
En revenant sur la sémantique, les jeunes participants ont réfléchi sur la définition et le sens des termes employés. De ce fait, chaque personne a développé son idée en 3, 4 lignes dans le but de la rendre attractive pour le public.
En réfléchissant sur le « quoi faire » et le « comment faire », la seconde étape de cette session de formation s’est centrée sur le pitch. Le pitch est la présentation verbale d’une histoire, d’une idée. L’objectif était de développer l’idée et l’angle d’attaque pour entamer le travail sur le documentaire
Le synopsis résume étape par étape la structure du futur film et son contenu. Il fait un bref rappel du sujet traité, du contexte historique, géographique et sociologique. Le rôle de ce document est de donner envie de lire le scénario.
A travers les deux documents (pitch et synopsis), les trois groupes ont pu traiter de la structure du film documentaire, à savoir la scène d’ouverture, le climax (point culminant de l’histoire) et la chute (ou climax), afin de comprendre les placements des voix off et des interviews.
2) Ecriture du scénario
Selon la forme du documentaire, il existe ou non un scénario ou un traitement. Dans les deux cas, il s’agit de suggérer la manière dont le film sera organisé pour communiquer les informations au public. Ce n’est pas un texte figé mais un outil de travail d’appui, de prospection dont l’écriture va évoluer au cours du tournage et du montage. Lors du tournage, le scénario joue un rôle de médiateur. Il est un outil de dialogue entre le réalisateur et les techniciens.
3) Le découpage et le plan de travail
Ces deux sessions de formation ont abordé des aspects techniques à la réalisation du film documentaire. Le découpage sert à prévoir le travail de l’image avec le dialogue et le son. La phase de découpage représente le moment où l’on relie l’espace au temps. La technicité du cadrage, la définition d’un plan d’une séquence et du plan/séquence sont des éléments essentiels à prendre en compte en préparation du tournage. L’intérêt étant de justifier les choix techniques. Selon le cadrage choisi le sens de l’image sera différente. Ce travail est d’autant plus essentiel qu’il aide à la préparation du terrain avant de s’engager de manière improvisée et sans se laisser dépasser par les imprévus du terrain.
4) La réalisation, vers la faisabilité du projet de documentaire
En reprenant les travaux réalisés des trois groupes, notamment le plan de travail, le découpage, l’idée était de les approfondir afin de les adapter au mieux à la perception du terrain et selon la durée du film documentaire, qui sera de 26 minutes.
5) La production
Cette étape a permis aux jeunes de prendre conscience de l’ampleur de leur sujet et du décalage entre leur projet de documentaire et la faisabilité en terme financier, logistique et temporel.
Chaque session de formation a fait l’objet d’un document de travail réalisé par les trois groupes du projet et nécessaire à leur travail de réalisation.
La dernière session de formation concernant la diffusion se fera en parallèle de la phase de post-production.
3- Trois interventions de réalisateurs, des expériences mises à la disposition des jeunes
Le réalisateur Fouad Souiba a projeté son film documentaire sur les anciens détenus. Un temps d’échange a eu lieu afin de discuter de l’expérience du réalisateur. Une discussion sur la thématique ainsi que des aspects techniques de réalisation ont eu lieu.
Wahid El Moutanna a diffusé son dernier film documentaire, sur le fil, traitant des enfants des rues à Salé.
L’intervenant est revenu sur des éléments fondamentaux de la réalisation d’un film documentaire en soulignant dés le départ que la réalisation d’un film documentaire est influencée par son auteur ce qui amène à avoir peu de règles dans ce domaine audiovisuel. Ces quelques règles existantes sont néanmoins essentielles pour différencier le documentaire des autres genres cinématographiques. Wahid El Moutanna a fait part de sa vision à travers son expérience de réalisateur.
Nezha Drissi, Productrice de documentaires et directrice du festival FIDADOC-SOUSS a réalisé une session de renforcement en conception et réalisation du film documentaire.
Nezha Drissi a souligné l’importance des recherches documentaires pour réaliser un documentaire. En effet, le documentaire est un document audiovisuel. C’est la mise en image et en son pour exprimer un sujet. Pour savoir utiliser l’image, il faut savoir précisément ce que nous voulons en retirer. Par conséquent, l’intervenante a précisé les types de recherches documentaires comme préalable à la construction de l’idée de documentaire : Internet, la bibliothèque, les archives, les études, la population et les expériences associatives antérieures et actuelles.
Chaque groupe a présenté ses recherches documentaires :
Le groupe Matériel (Kasbah) s’est appuyé sur des études académiques, l’expérience du partenaire ACS, des photos.
Le groupe création artistique s’est informé sur des expériences précédentes, sur Internet et quelques personnes faisant parti de la nouvelle scène musicale au Maroc.
Le groupe immatériel (eau) a eu recours à des études sur la gestion sociale de l’eau et s’est informé sur des coupures de presse concernant l’affaire Bensimn.
L’intervention s’est centrée sur l’appropriation par les jeunes de leur idée. Elle s’est focalisée sur les intentions personnelles de chacun des jeunes, en se positionnant en tant que public qui ne connaît rien au sujet a priori afin que les jeunes puissent exprimer clairement les raisons pour lesquelles ils souhaitent travailler sur le sujet du documentaire. Elle a souligné l’importance de transmettre l’émotion de manière à ce que le public puisse être intéressé, touché.
Nezha Drissi a relevé un aspect commun, à tous suite à l’intervention de Medhi Ben khouja, à savoir l’identité. Chaque participant a un attachement à l’identité de son pays qui est d’une manière ou d’une autre soit mise à mal, soit valorisée. Tout le monde peut avoir une intention personnelle qui porte un message sans être, nécessairement, un spécialiste.
Nezha Drissi est revenue sur des éléments basiques mais fondamentaux pour l’avancée des projets de documentaires :
1) Le passage de l’idée au projet de documentaire à travers la réponse à 6 questions basiques : Qui, Quoi, Où, Pourquoi, Comment, Quelle cible. Les réponses à ces questions aident pour rendre le traitement du sujet faisable et pertinent.
2) Les définitions des trois composantes d’un projet documentaire en fonction des trois projets de documentaires. Le projet de documentaire se compose :
• Note d’intention qui vise à partager l’intention personnelle de l’auteur-réalisateur pour que celui qui la lit se l’approprie. Il faut être dans l’esprit de créer le besoin.
• Le synopsis explique l’histoire du documentaire. Il faut donc développer ses propos et répondre à la question : comment atteindre son but ? Le synopsis se compose donc d’une introduction, d’un développement et d’une conclusion. Il doit y avoir un début, un milieu et une fin. La pertinence du documentaire doit se refléter dans ce document.
• Le traitement filmique justifie les choix techniques en fonction de la vision du documentaire et du message que le documentaire souhaite transmettre. Ce document présente ce que l’on veut montrer. C’est le langage du tournage.
Suite à ces explications, chaque jeune a retravaillé le pitch et l’a présenté en mettant en avant leurs intentions personnelles, menant à beaucoup plus d’émotion et à une meilleure compréhension de leur projet de documentaire.
D’autres interventions ont été organisées : en technique de communication avec un membre d’action jeunesse, sur les droits culturels avec un membre du FMAS, sur le Podcast avec l’association Tanmia, une visite culturelle de Casablanca et de ses abattoirs lors du tremplin des jeunes avec l’association Casamémoire, l’expérience d’Architecture et engagement social à Larrach et Kenitra etc.
4 – Trois idées de documentaires et des tournages…
Groupe 1 – Création artistique :
4 jeunes du projet Regards croisés ont choisi de suivre deux groupes de musique : un groupe de rap et un groupe de fusion. Le premier se compose de deux jeunes filles de Salé (ville proche de Rabat), le second est un groupe casablancais de 7 garçons. En suivant 4 jeunes (deux par groupe) dans leurs vies quotidiennes, les jeunes participants de Regards Croisés souhaitent montrer comment ces musiciens concilient leur activité économique à leur activité artistique, entre besoin, plaisir, création et expression.
Les jeunes Regards Croisés s’interrogent sur les inspirations des jeunes qui s’expriment par la musique. Le film documentaire souhaite mettre en avant les tensions qui existent entre la construction identitaire de ces jeunes et leurs influences de part les traditions familiales et sociétales et les influences en dehors des frontières du Maroc, s’exprimant ainsi dans leur expression musicale.
Le groupe du tournage se composait des jeunes regards croisés, de trois étudiants de l’ISCA et du coordinateur d’Action Jeunesse. Il a suivi le quotidien des quatre musiciens sur une période de 14 jours, à la fois dans leurs lieux de travail, de répétition, dans leur quartier et d’autres endroits auxquels ils sont attachés. Des interviews ont eu lieu avec leur entourage et des acteurs associatifs et chercheurs afin d’ajouter une réflexion sur le rapport entre développement identitaire et création artistique. Durant ces 14 jours de tournage, l’équipe de tournage a partagé les réflexions identitaires de ces quatre jeunes, en découvrant des antagonismes entre les deux groupes mais aussi à l’intérieur des groupes. La création artistique relève à la fois d’une construction personnelle et d’une expérience collective, se rejoignant soit sur leurs influences, ou leur vision du patrimoine culturel par exemple.
Groupe2 - Patrimoine architectural : Les expériences sociales et associatives de revitalisation des Kasbah
Le patrimoine marocain est connu par sa richesse, sa diversité et sa pluralité culturelle. Les Kasbah, en tant que patrimoine bâti, sont un témoin de l’histoire et de la mémoire collective du Maroc.
Le projet de documentaire vise à mettre la lumière sur les expériences de revitalisation des Kasbah menées par des initiatives sociales et associatives.
Le documentaire s’intéresse à deux exemples, la Tour de Cigognes à Larache et la Kasbah Moulay Ismail à Kenitra.
Le projet de documentaire expose les efforts de la société civile pour redonner vie à ces deux kasbah, à travers l’implication quotidienne d’acteurs associatifs qui organisent des ateliers de musique, des chantiers permanents de reconstruction. Le documentaire suivra également l’engagement des jeunes artistes qui utilisent ce patrimoine bâti pour mener leurs expressions culturelles diverses.
Accompagné de l’équipe technique et du coordinateur d’Action Jeunesse, les 5 jeunes Regards croisés ont filmé les efforts de la société civile pour redonner vie à la Tour Cigogne de Larache. Ils ont filmé l’implication quotidienne d’acteurs locaux qui organisent des ateliers de musique, des répétitions d’évènements artistiques et culturels et qui s’occupent du gardiennage du lieu. A Mehdia, ils ont suivi des jeunes artistes qui utilisent ce patrimoine bâti pour mener leurs expressions culturelles. Entre interviews, plan de coupe, prise de vue, tout le défi était « d’humaniser »des mûrs, à travers la caméra, selon les termes d’un des membres du groupe Regards croisés, Adil Tbel.
Ainsi le groupe veut faire du documentaire un moyen à la fois pour valoriser une initiative associative à Larache et contester l’abandon de la Kasbah de Mehdia, riche en histoire en valorisant en image tout son intérêt architectural. La Kasbah Mehdia est un véritable patrimoine qui lorsqu’on la visite démontre tout son potentiel d’utilisation, ses fonctionnalités en tant qu’espace public.
Groupe3 - Patrimoine immatériel : Les Khettarat et la gestion sociale de l’eau
Le documentaire traite des Khettarat comme un système de gestion de l’eau qui dépasse sa fonction technique pour être une initiative sociale, révélatrice de la capacité de l’Homme à adapter ses pratiques à son environnement.
A travers ce documentaire, la saine gestion de la khettara et des ressources en eau est présentée comme la clé de survie de l’oasien et de son oasis.
Dans le but de maintenir le fonctionnement du système des Khettara, la région d’Erfoud concentre des initiatives sociales et associatives à travers la solidarité tribale et coutumière ancestrale (Twiza) et l’intervention de la société civile et des organismes nationaux et internationaux.
Plusieurs aspects seront abordés notamment les différents types d’engagements des acteurs locaux pour contrer les menaces physiques et humaines qui pèsent sur les khettaras. Le documentaire tente de rendre visible ces menaces sur l’environnement et sur l’Homme en dégageant les efforts de sauvegarde.
Il montre aussi les réussites liées à cet héritage ancestral comme une pratique de développement durable axé sur l’humain et la préservation des ressources.
« Nous voulons montrer des exemples concrets de l’implication de l’homme dans la gestion de l’eau tant du point de vue du travail physique qu’organisationnel ».
Lors du tournage, les deux jeunes du projet Regards croisés ont prouvé leur volonté de se servir du film documentaire pour mettre en valeur un système de gestion de l’eau qui dépasse son aspect technique pour constituer des pratiques foncièrement sociales et économiques. Le groupe a choisi d’aborder la gestion de l’eau par les khettarat dans la région de Tafilelt afin de valoriser cette pratique, tant pour son ingéniosité, son caractère social que pour son efficacité de gestion de l’eau. Toujours en présence d’une équipe technique de l’ISCA et du coordinateur d’Action jeunesse, le travail a été facilité par une personne ressource. Ingénieur agronome et acteur associatif, il a pu les orienter dans les choix des lieux en présence des khettarat en reconstruction et abandonnés. Ainsi, le tournage s’est déroulé dans un rayon de 5 à 40 km de la ville d’Erfourd.
Selon Rachid Outahar, le tournage est un moment fort du projet. La rencontre avec la population lui a fait prendre conscience de beaucoup de choses, qu’il n’aurait jamais trouvé dans ses recherches. Son binôme, Meriem Rhoflane, ne parle pas de souvenirs mais de réalités à garder en tête et à transmettre.
Le message du documentaire qu’il souhaite faire passer à travers la caméra est que les khettarat constituent une gestion saine de l’eau, en accord avec leur environnement et la population locale. C’est un système qui est la clé de survie de l’oasien et de son oasis.
